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Citons-precis.com/citations

Alfred Jarry, père de la pataphysique et de l'absurde

27 Octobre 2015 , Rédigé par Daniel Confland Publié dans #textes, #mesaphorismes

mots-clefs : Alfred Jarry, paraphysique, absurde

Alfred Jarry, père de la pataphysique et de l'absurdeAlfred Jarry, père de la pataphysique et de l'absurde

Photos :

-  Photo de gauche : portrait de Jarry, Wikipédia Commons, téléversé par Racconish

 - Photo de droite : Jarry à bicyclette, Wikipédia Commons, téléversé par Waldir

 

Zoom sur Alfred Jarry (1873-1907)

mots-clefs : pataphysique, absurde, Ubu roi, surréalisme

Notre auteur invente une théorie qu'il nomme "Pataphysique" dans un ouvrage paru après sa mort : "Gestes et opînions du docteur Faustroll, pataphysicien".  Il faut voir la pataphysique comme une science, celle « des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité".

Pour faire simple, il s'agit, de mettre à bas le réel "actuel" et la création formatée, de vivre selon son bon plaisir, dire "merdre" ( Cf; Ubu roi ) à tous et à tout si cela est nécessaire, se libérer des chaînes de la vie sociale et des conventions, pour mieux faire surgir un nouvel imaginaire, un esthétisme refondé. En somme, user de cette nouvelle physique pour reconstruire le monde sur l'absurde et le grotesque.. La bicyclette, les coups de révolver intempestifs et l'absinthe -dont il s'abrutit - sont les moyens personnels  que Jarry affecte à cette "libération". Il aura comme successeurs dans cette voie le surréalisme et le théâte de l'absurde.

Dans sa démarche, sa vie et son oeuvre littéraire se confondent. Etre singulier, totalement "original" et excessif dans son comportement, Jarry exagère ces traits chez ses personnages, jusqu'à déformer leur apparence, leur discours et leur décor. Ce miroir grossissant est aussi pour Jarry le révélateur puissant de la bétîse qui selon lui imprègne la société qui l'entoure.

L'oeuvre majeure de Jarry est le miroir de ses idées comme de sa vie. Donnée en 1896 au Théâtre de l'oeuvre à Paris, Ubu roi ait d'abord scandale. Mais elle fait la renommée de l'artiste et de sa façon de vivre. Peu de temps en vérité de son vivant puisqu'il meurt en 1907 à Paris, seulement âgé de 34 ans.

Témoignage de ses manières insolites, il exprime avant de mourir une dernière volonté : qu'on lui donne un cure-dent !

Pour en savoir plus :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Jarry

http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Alfred_Jar

 

Y'a vraiment de l'Ubu...

          Dialogue absurde ?

Deux amis se rencontrent à la nuit tombée et commencent à deviser. Le premier interpelle le second :

  -  Je suis aux trente-sixièmes dessous, j’ai la certitude d’être trahi par un ami de trente ans, c’est dur  !

-  De qui s’agit-il, mon bon ?

-  D’Heurtebart, c’est un faux frère, j’en suis persuadé  !

-  Attention  ! Faux frère est un vrai faux ami dans la langue française

-  Comment cela ?

-  Imaginez que le faux frère ait un frère ? Le désigner à quelqu’un comme étant le frère du faux frère ne vous  paraît pas bizarre ?

-  Vous avez raison.

-  Imaginez à présent que le frère du faux frère soit lui-même un faux frère ? On dirait  à  son  propos  que  le  faux  frère  du  faux  frère  est  son  frère,  et  là  c’est carrément ubuesque ?

-  C’est pourtant vrai. Sur ce point j’avoue que vous éclairez ma lanterne.

- Malheureux, que dites-vous là. Cette expression aussi est un vrai faux ami !

-  En quoi, grands dieux  !

-  Réfléchissez, pourquoi diable éclairerais-je votre lanterne ? 

-  Parce que la mienne est éteinte, tiens donc   !

-  Mais si ma lanterne est éclairée, convenez que c’est parce qu’il doit faire nuit.

- Sans doute.

- Alors, comment avez-vous fait pour venir jusqu’à l’endroit où nous sommes, s’il fait nuit et que votre lanterne est éteinte, c’est illogique  !

-  Admettons que  nous habitons à côté l’un de l’autre, et qu’une lanterne a suffi, la  vôtre,  pour  nous  éclairer  tous  les  deux  :  question  d’économie d’énergie,  de sens civique  ! 

-  Admettons-le, en effet. Mais alors, si ma lanterne a suffi à nous éclairer, vous et  votre  lanterne,  pendant  tout  le  temps  où  nous  avons  cheminé ensemble, pourquoi  me demander subitement d’éclairer votre lanterne à l’endroit où nous sommes arrivés. Je le répète, c’est illogique   !

-  D’accord,  nous  n’avons  pas  fait  le  chemin  ensemble.  Peut-être  en sommes nous à l’instant où nous devons nous quitter. Je vous demande alors d’éclairer de plus près ma lanterne pour que je l’allume.

-  Donc,  j’y  reviens,  vous  avez  marché  jusqu’ici  tout  seul  dans  le  noir, sans lanterne pour vous guider. 

- Tout le trajet était peut-être éclairé par les lanternes de rue ?

- En  ce  cas  pourquoi  vous  seriez-vous  encombré  de  votre  lanterne pour  venir. Cela m’a l’air du laiton, c’est lourd. 

- Et  si  on  admettait  qu’en  vous  demandant  d’éclairer  ma  lanterne,  je  n’ai  fait qu’user  d’une  métaphore.  Le  sujet  n’était  pas  clair,  vous  m’en  avez  fourni l’explication. En réalité, je ne tiens aucune lanterne, constatez-  le vous-même !

- Dites tout de suite que je suis fou.

- Mais non, vous m’avez gentiment expliqué qu’un faux frère était un vrai faux ami, un faux cul dont il fallait se méfier.

-  Je   m’interroge : un  faux  cul  ne  serait -il  pas  également  un  vrai  faux ami ? Après tout, un faux cul s’assoit sur son derrière comme tout le monde ! 


Daniel Confland - 2012

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Parmi les aphorismes d'Alfred Jarry

mots-clefs : Alfred Jarry, citations, aphorismes

L'homme a créé Dieu à son image et à sa ressemblance, agrandies jusqu'à ce que l'esprit humain ne pût concevoir de dimensions.

La liberté, c'est de n'arriver jamais à l'heure.

Il faudrait, dans le Code civil, ajouter partout "du plus fort" au mot loi.

Je ne comprends pas qu'on laisse entrer les spectateurs des six premiers rangs avec des instruments de musique.

L'amour est un acte sans importance, puisqu'on peut le faire indéfiniment.

Au fond, nous pensons que cocuage implique mariage, donc que le mariage sans cocuage n'est point valable.

Quand un homme offre des fleurs à une femme sans raison, c'est qu'il y a une raison.

La simplicité n'a pas besoin d'être simple, mais du complexe resserré et synthétisé.

L'eau, liquide si impur, qu'une seule goutte suffit pour troubler l'absinthe.

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