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Citons-precis.com/citations

Eloge de la langue française, 3/3 : de tout un peu, des anecdotes sur la langue, ses difficultés en citations, le beau style, Malherbe et Boileau

10 Mai 2017 , Rédigé par Daniel Confland Publié dans #gens connus, #pensées poétiques

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Mots-clefs : langue française, langage, français, mots, grammaire, citations, aphorismes.

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Voir aussi la première partie d'Eloge de la langue française publiée lundi 1er mai 2017 : http://www.citons-precis.com/ 2017/04/langue-francaise.html Ajouter une section ici

puis la seconde, parue lvendredi 5 mai : http://Eloge de la langue française, deuxième partie : 14 belles citations sur notre commun patrimoine

(Une première version d' Eloge de la langue française et de D'autres aphorismes sur la langue française a été publiée sur le site en septembre 2015).

°°°

Quelques petites anecdotes amusantes sur la langue française

Une dizaine de curiosités sur les mots

http://originedesmots.blogspot.fr/2013/02/petites-anecdotes-amusantes.html

D'autres encore...

http://www.anecdote-du-jour.com/mot-clef/francais/

Le mot « humour » n’est pas français

Il y a une bonne raison pour parler d’humour anglais, même si leur humour vient de l’humeur française.

lire l'anecdote 

Le mot « amour » n’est pas français

Ce sont les troubadours occitans qui ont apporté l’amour à la langue française !

lire l'anecdote 

Ces trois mots sont les seuls de la langue française à changer de genre.

lire l'anecdote 

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Le français, langue difficile ?

Les étrangers et bon nombre de nos compatriotes tendent à apporter une réponse affirmative à cette question.

Sans entrer dans une querelle pour laquelle l'auteur de ces lignes n'aurait guère les compétences pour argumenter, versons simplement deux citations au débat, elles-mêmes rapportées par Bernard Pivot dans son récent ouvrage : La mémoire n'en fait qu'à sa tête

- Celle d'Alexandre Vialatte : "Quand on est amoureux de la langue, on l'aime avec ses difficultés. On l'aime telle quelle, comme sa grand-mère. Avec ses rides et ses verrues. Avec son bonnet tuyauté qui donne tant de mal à la repasseuse;"

- Celle d'Alain Schifres : "L'orthographe est le cricket des français (...) Le cricket et l'orthographe ont en commun d'être incompréhensibles aux étrangers, sans parler des indigènes."

Et Pivot d'ajouter ce commentaire personnel : " La grammaire est en partie responsable du chinois de l'orthographe française, mais, à elle, on n'en veut pas, elle garde son prestige de première de la classe."

Voire !

Heureusement, il a le style...

"Le style, c'est l' homme !", a jugé péremptoirement Blaise Pascal. Et le style le vecteur roi de la beauté de la langue par la littérature.

Bernard Pivot, encore lui, et dans le même ouvrage déjà mentionné, cite deux auteurs qui parlent du style avec bonheur :

- Céline : "Le lecteur s'attend à un mot,,et moi je lui en colle un autre. C'est ça le style."

- Marcel Proust, écrivant à sa cuisinière en 1909 : " Je voudrais que mon style soit aussi brillant, aussi clair, aussi solide que votre gelée, que mes idées soient aussi savoureuses que vos carottes et aussi nourrissantes et fraîches que votre viande."

 

François de Malherbe, ordonnateur de la "belle langue poétique"

Le poète François de Malherbe (1555-1628), a eu une influence considérable en introduisant dans l'alliance féconde de la langue et de la poésie "l'harmonie classique", louée par les disciples de son temps comme par ses successeurs, laquelle se substitue dès lors au genre baroque. Boileau en fait son maître dans les célèbres vers qu'il consacre au poète normand dans son Art poétique : "Enfin Malherbe vint..."

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Enfin Malherbe vint, et, le premier en France,

Fit sentir dans les vers une juste cadence,

D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir,

Et réduisit la muse aux règles du devoir.

Par ce sage écrivain la langue réparée

N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée.

Les stances avec grâce apprirent à tomber,

Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber.

Tout reconnut ses lois; et ce guide fidèle

Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle.

Marchez donc sur ses pas; aimez sa pureté,

Et de son tour heureux imitez la clarté.

Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre,

Mon esprit aussitôt commence à se détendre,

Et, de vos vains discours prompt à se détacher,

Ne suit point un auteur qu'il faut toujours chercher.

Il est certains esprits dont les sombres pensées

Sont d'un nuage épais toujours embarrassées;

Le jour de la raison ne le saurait percer.

Avant donc que d'écrire apprenez à penser.

Selon que notre idée est plus ou moins obscure,

L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Surtout qu'en vos écrits la langue révérée

Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.

En vain vous me frappez d'un son mélodieux,

Si le terme est impropre, ou le tour vicieux;

Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,

Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.

Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin

Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.

 

Nicolas Boileau, L’art poétique, chant I, v.131-162

 

Extrait du site : http://andre.canessa.free.fr/Perier/Boileau,Lartpoetique,chantI,v.131-162.htm

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Malherbe...    

....et Boileau (par Girardon)

 

Photos Wikipédia CC

 

 

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