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Citons-precis.com/citations

15 expressions françaises avec leur explication ( Ça ne mange pas de pain, tomber dans les pommes, avoir une marotte, etc. )

15 Janvier 2019 , Rédigé par Daniel Confland Publié dans #définitions

 

Mots-clefs : expression française - langue - locution - formule.

°°°

Les expressions françaises constituent la preuve illustre, historique et contemporaine de la vie trépidante, efflorescente, étonnante et multidimensionnelle d'une langue. Au gré du temps, elles se sont formées à partir de racines linguistiques multiples, d'un agrégat de mots et de formes verbales, d'un assemblage improbable à la chronologie non linéaire. Les revirements de leur signification sont monnaie courante et, les concernant,  le fil du temps n'est pas un fil d'Ariane facile à suivre...En résumé, les expressions françaises, ça part dans tous les...sens !

Daniel Confland

 

AVERTISSEMENT : parmi les expressions françaises qui suivent, l'origine mentionnée pour l'une d'entre elles a été malicieusement falsifiée.

Au lecteur de la débusquer : rectification sera faite dans le prochain article du blog.

°°°

Note :  Le site Expressio.fr doit être consulté si l'on veut une revue exhaustive des citations françaises et de leur origine. En outre, les commentaires des lecteurs enrichissent souvent l'éclairage et la diversité des significations.

On mentionnera également le site très intéressant Herodote.net consacré à l'Histoire en général.

°°°

1) Ça ne mange pas de pain. ok

La locution s'utilise pour définir une action qui ne coûte rien, qu'on ne risque rien à entreprendre ou encore qui n'est pas désagréable. On la rencontre dès le XVIIème siècle et évoque ce qui était alors la base de toute alimentation, c'est à dire le pain. Tout ce qui concourait à économiser dans le huches cette denrée essentielle ne pouvait donc qu'être de bonne pratique, sans désagrément et sans dommage pour la maisonnée.

Parmi les sources :

http://www.expressio.fr/expressions/ca-ne-mange-pas-de-pain.php

Une citation (extraite de la source)

"Ici, ils ont l'impression de reconstruire un monde, ça ne mange pas de pain." (Daniel Pennac)

2) Tomber dans les pommes 

Autrement dit, s'évanouir ! L'origine de l'expression comporte au moins deux versions. L'une proviendrait d'une déformation du verbe "pâmer", qui signifiait "tomber en pâmoison", s'évanouir. L'autre aurait pour auteure originelle l'écrivain George Sand, qui emploie dans un de ses ouvrages la formule "être dans les pommes cuites" pour désigner un état de grande fatigue.

Parmi les sources: 

https://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=origines-expessions-sante-tomber-dans-les-pommes

Une citation :

"Tomber dans les pommes : moyen facile que la femme a trouvé pour se défiler devant une araignée, un homme ou un serpent." (Jacques Caron)

"Tomber dans les pommes : moyen facile que la femme a trouvé pour se défiler devant une araignée, un homme ou un serpent." (Jacques Caron)

 

3) Avoir une marotte  

L'expression est employée pour désigner chez son titulaire une manie bien ancrée. Elle trouve notamment son fondement au Moyen-âge, où les "fous du Roi" divertissaient les souverains et leur Cour. Pour se faire remarquer de tous, ces amuseurs par ailleurs insolents envers leur maître étaient vêtus d'un costume multicolore agrémenté de clochettes. Au bout d'un sceptre, ils brandissaient une figurine coiffée d'un bonnet tricolore : la marotte. Par la suite, la formule "A chaque fou sa marotte" est apparue au XVIIème siècle, pour exprimer la folie ou les manies peu recommandables. Jusqu'à sa signification moderne.

 

cc

Parmi les sources :

https://www.pourquois.com/expressions_langage/pourquoi-avoir-marotte.html

Deux citations :

- "A chaque fou sa marotte." (proverbe français)

et puis :

"La Vérité? Une marotte d'adolescent, ou un symptôme de sénilité." (Emil Cioran)

"La Vérité? Une marotte d'adolescent, ou un symptôme de sénilité." (Emil Cioran)

 

4) A tire-larigot  

L'expression s'utilise pour exprimer une grande quantité. Il y aurait des références argotiques derrière cette expression. "Tirer", au XVème siècle, signifie boire, et sans doute en quantité conséquente ce qu'infère le sens d'aujourd'hui. S'agissant du "larigot", le mot s'applique en France à une flûte, une composante d'un jeu d'orgue. C'est l'association des deux mots qui est nébuleuse : l'explication va du bruit que fait l'alcool sortant de la bouteille comparé au son d'une flûte, à la cloche "la Rigaud" de la cathédrale de Rouen, si lourde à manier qu'elle nécessitait au manieur de boire plus qu'avec soif pour s'en remettre. On passera ici sur bien d'autres assertions avancées.

Parmi les sources :

https://www.projet-voltaire.fr/origines/expression-a-tire-larigot/

Une citation :

" Il faut vous marier convenablement, et vous ne vous marierez convenablement que si vous faites défiler devant vous des messieurs convenables, à tire-larigot comme on fait défiler devant soi des étalons au Tattersall."

(Henry de Montherlant)

5) Payer en monnaie de singe  

Il faut remonter à "une expression française qui évoquait à l'origine une sorte de paiement en nature. Aujourd'hui, elle signifie utiliser une monnaie d'échange non convertible en argent et, plus encore, ne pas payer ses dettes par tel ou tel artifice.

Selon le Livre des Métiers du XIIIème siècle, Saint Louis aurait accordé aux montreurs de singes le droit de payer en grimaces ou en tours de passe-passe le péage du Petit-Pont qui relie l'ïle Notre Dame au quartier Saint-Jacques." Le péagier pouvait aussi accorder la gratuité à un ménestrel en échange d'une chanson ou d'une fable.

 

Parmi les sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Payer_en_monnaie_de_singe

Une citation :

"Tiens, les mots. Important, les mots. Important mais peut aussi se révéler monnaie de singe. " (Delfeil de Ton)

"Tiens, les mots. Important, les mots. Important mais peut aussi se révéler monnaie de singe. " (Delfeil de Ton)

6) Etre sur le fil du rasoir  

L'expression signifie être dans une situation dangereuse, risquée, délicate ou même précaire. Elle vient de "la tranche coupante des rasoirs de type coupe-chou {qui] était appelée filum au XIIème siècle. Le fil est donc une lame acérée. Quand le fil du rasoir touche la peau, il y a toujours un risque de coupure."

Parmi les sources :

http://www.linternaute.fr/expression/langue-francaise/16498/etre-sur-le-fil-du-rasoir/

Mon aphorisme :

"Même à rester longtemps sur le fil du rasoir, en fin de compte, on ne coupe pas à sa destinée." (Daniel Confland)

"Même à rester longtemps sur le fil du rasoir, en fin de compte, on ne coupe pas à sa destinée." (Daniel Confland)

7) Prendre (porter) à bras le corps

La signification de la formule est bien connue : prendre une affaire avec énergie et détermination, s'atteler sérieusement à sa résolution. Au XVème siècle, on écrivait à brace (ou brache) de corps, où 'a' voulait dire "avec" et brace/brache signifiait " entre ses deux bras". Forme qu'on retrouve dans le verbe embrasser. La locution s'est ensuite transformée en "à brasse-corps", qu'on retrouve encore au Québec et en Suisse, avant de devenir "à bras le corps" à la fin du XVIIIème siècle."

La source :

http://www.expressio.fr/expressions/a-bras-le-corps.php

Une citation (extraite de la source) :

" La voyant bondir vers l'air libre, l'instinct de proie me saisit, je la rattrapai vers l'escalier, la prit à bras-le-corps et la ramenai en la traînant à terre jusque sur le lit où elle tomba tout à fait."

(Maurice Blanchot)

8) A la bonne franquette  

Dans les salons de la bonne société du XVIIème siècle, on est mondain, on porte beau et parle bien, avec un zeste d'afféterie et de préciosité bienvenues. Molière s'est moqué ainsi des travers et des boursouflures des Précieuses ridicules et de leurs émules contemporains. Dans cette société, on est loin par les manières, la langue et les joutes de l'esprit du petit peuple, lequel vit simplement, sans "chichi", et qui parle et agit "franchement". De cette opposition découle deux expressions également opposées : le vivre "à la française" des mieux lotis et le vivre "à la franquette". Cette dernière locution vient probablement du parler normand-picard à partir du mot "franc", et qui signifie "franchement, "tout bonnement". Avec le temps, la formule, agrémentée de l'adjectif "bonne" prendra son sens définitif : une "façon d'agir simple, sans cérémonie".

Parmi les sources :

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2017/10/14/37003-20171014ARTFIG00014-d-o-vient-l-expression-a-la-bonne-franquette.php

Une citation :

En parlant de Clémenceau : "Enfin, il plaisait par un manque d’affectation, une bonne franquette, qui le mettaient tout de suite de plain-pied avec les jeunes gens." 

(Léon Daudet)

9) Ça se corse  

"C'est issu du mot 'corps' que le verbe 'corser' est apparu au milieu du XVIème siècle pour dire "prendre à bras le corps". Puis, après avoir été un peu oublié, ce verbe est revenu en usage au XIXe siècle, mais basé cette fois sur un autre sens du mot 'corps', la consistance, qui au figuré, est devenu l'intensité ou la force, signification qui nous intéresse ici.
Quelque chose qui est corsé, c'est quelque chose d'intense, de fort, de piquant comme un vin ou un assaisonnement...C'est ainsi que lorsqu'on dit d'une chose qu'elle "se corse", c'est qu'elle devient plus forte, plus intense et, par extension, plus compliquée (la difficulté devient plus forte)."

 

La source :

http://www.expressio.fr/expressions/ca-se-corse.php

Une citation (issue de la source)

"Cette délicieuse inquiétude d'épiderme qui vous saisit quand l'action se corse."

(Alphonse Daudet)

10) Coincer la bulle  

L'expression est récente et d'origine militaire. Et dans cette affaire, tout militaire est réputé avoir le niveau, ou en tout cas celui de s'en servir. Car la bulle du niveau est utilisée en topographie et chez les artilleurs pour marquer en particulier l'horizontalité. Jusqu'à ce que la bulle soit parfaitement immobile et coincée également entre ses deux repères, les préposés militaires peuvent aller se reposer en attendant que l'opération de "mise à niveau" soit parfaitement réussie.

Parmi les sources :

http://alorthographe.unblog.fr/2011/01/11/expression-coincer-la-bulle/

Une citation anonyme :

" Le Pape Léon *** - inutile de le livrer à la vindicte de l'Histoire en citant sa place numérotée dans la chronologie papale -, le Pape Léon ***, donc,  était si paresseux qu'il coinçait la bulle à tout instant au lieu d'en rédiger."

11) Discuter à bâtons rompus

Cette  expression est employée aujourd'hui pour désigner une conversation sans vrai sujet, où l'on parle de tout et de rien. Le sens originel se répartit entre plusieurs hypothèses. La première cible la musique militaire du Moyen-Âge où l'on battait tambour à bâtons rompus, soit une alternance entre le roulement des baguettes sur la peau et un claquement de celles-ci, l'une contre l'autre. Cette sonorité cadencée existe d'ailleurs encore de nos jours. Une autre explication concerne le motif des tapisseries ou des parquets, composé de bâtons entremêlés, soit sans régularité (tapisseries), soit à angle droit (parquets).

Parmi les sources :

https://www.edilivre.com/lexpression-de-la-semaine-discuter-a-batons-rompus/#.W_Ev716Z2Uk

Une citation : 

" Les gens qui parlent à bâtons rompus et sans suite semblent des livres  auxquels il manque des feuillets."  (Jean Antoine Petit, dit John Petit-Senn)

" Les gens qui parlent à bâtons rompus et sans suite semblent des livres  auxquels il manque des feuillets." (Jean Antoine Petit, dit John Petit-Senn)

12) Courir sur le haricot 

Quand quelqu'un nous agace énormément, on peut se laisser aller à lui dire, dans une tournure argotique, qu'il commence à nous "courir sur le haricot". La construction vient de trois éléments agrégés au fil du temps. D'abord le verbe "courir" (quelqu'un)  qui voulait dire au XIVème siècle "embêter', "importuner". L'autre verbe "haricoter", ensuite, qui au XIXème siècle signifiait "marchander", "pinailler", importuner par son comportement mesquin et radin. Le mot "haricot", enfin, qui désigne l'orteil en argot.

Parmi les sources :

http://ca-m-interesse.over-blog.com/article-quelle-est-l-origine-de-l-expression-courrir-sur-le-haricot-49606249.html

Une citation :

"Mes petits agneaux, vous attigez la cabane (exagérez) en ce moment et vous commencez à me courir sur le haricot."

(Clément Vautel)

Source : http://www.languefrancaise.net/Bob/18815

13) Pas piqué des vers / hannetons  

Cette expression s'emploie pour qualifier quelque chose de parfait, d'excellent, de réussi, de joli, de surprenant ou, concernant le langage, une façon de parler un peu "osée". L'explication est assez simple : un meuble "piqué" par des vers, des plantes en partie mangées par les hannetons, se voient dégradés dans leur aspect : ils ne sont plus "parfaits" et, s'agissant des plantes, peuvent devenir impropres à la consommation. On peut donc comprendre qu'à l'inverse et par extension, pas piqué des vers ou des hannetons restitue de facto la qualité et la valeur originelles des personnes ou choses désignées par la formule.

En matière de meubles ou de tissu, l'expression "pas piqué des vers" apparaît au XVème siècle ( Pour d'autres, au XVIIème ). Et la version "pas piqué des hannetons" date seulement du XXème siècle. On peut penser que l'origine rurale est logique.

Parmi les sources :

https://www.pourquois.com/expressions_langage/pourquoi-pas-pique-hannetons.html

Une citation :

" Il s'agit d'un boui-boui bien crado. Où les mecs par dessus l'calendo. Se rincent la cloison, au Kroutchev maison. Un Bordeau pas piqué des hannetons.."

(Pierre Perret, chanson Le Tord Boyaux)

https://fr.wiktionary.org/wiki/ne_pas_être_piqué_des_hannetons

14) Amuser la galerie

Le mot galerie s'emploie de nos jours pour désigner un passage "ménagé à l'intérieur ou à l'extérieur d'un édifice pour servir à la circulation ou à la promenade." (Dictionnaire de l'Académie française). L'origine linguistique vient de l'italien galleria et du latin galeria, qui signifient "porche d'église". Or, au Moyen-Age, les porches d'église servaient de scènes de représentation théâtrale, en particulier pour les danses macabres. Outre les spectacles destinés à l'édification morale et religieuse des foules, les porches abritaient aussi des représentations de divertissement, comme les spectacles de ménestrels, les pièces moquant les nobles et les bourgeois, les saynètes mettant en scène le folklore paysan. Devant la galerie, on pouvait donc se "distraire"au sens large de la dureté des temps. Par un retournement de forme dont l'évolution linguistique a le secret, désormais dans la locution, c'est la galerie qu'on amuse !

Parmi les sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Galerie

Une citation :

15) Revenons à nos moutons

Il suffit "d'écouter" cette vidéo pour s'en convaincre...

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http://www.citons-precis.com/2019/10/expressions-francaises-suite.html

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Audrey daniele 27/01/2020 16:30

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