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20 citations fameuses de DANTON, issues de ses discours ou de contemporains

19 Avril 2021 , Rédigé par Daniel Confland Publié dans #gens connus

 

À l’emplacement de la maison de Danton, carrefour de l'Odéon à Paris, la municipalité a inauguré le 14 juillet 1891 cette statue du tribun, œuvre du sculpteur Auguste Paris, Sur le socle, une citation : "Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple."

 

- La nature m'a donné en partage les formes athlétiques, et la physionomie âpre de la liberté.

- Nul, quand la patrie est en danger, nul ne peut refuser son service sans être déclaré infâme et traître à la patrie. (2septembre 1792)

- Il est bien satisfaisant, messieurs, pour les ministres d'un peuple libre, d'avoir à lui annoncer que la patrie va être sauvée. Tout s'émeut, tout s'ébranle, tout brûle de combattre ! (…) Le tocsin qu'on va sonner n'est point un signal d'alarme, c'est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, et la France sera sauvée ! (2 septembre 1792)

Nous avons le droit de dire aux peuples : vous n’aurez plus de rois. (28 septembre, après la victoire de Valmy du 20 septembre qui sauve la Révolution)

Que la pique du peuple brise le sceptre des rois. (4 octobre 1792).

- Je ne suis point de cette foule d'hommes d'État qui ignorent qu'on ne compose pas avec les tyrans, qui ignorent qu'on ne frappe les rois qu'à la tête, qui ignorent qu'on ne doit rien attendre de ceux de l'Europe que par la force de nos armes ! Je vote la mort du tyran. (16 janvier 1793)

- Nous avons fait plusieurs fois l'expérience que tel est le caractère français qu'il faut des dangers pour retrouver toute son énergie. Eh bien, ce moment est arrivé ! Oui, il faut le dire à la France entière ; si vous ne volez pas au secours de vos frères de la Belgique, si Dumouriez est enveloppé, si son armée était obligée de mettre bas les armes, qui peut calculer les malheurs incalculables d'un pareil évènement. La fortune publique anéantie, la mort de 600 000 français pourrait en être la suite. Citoyens, vous n'avez pas une minute à perdre ! (8 mars 1793)

Mais, citoyens, imposer les riches, c'est les servir ; c'est (plus) un véritable avantage pour eux qu'un sacrifice considérable ; plus le sacrifice sera grand sur l'usufruit, plus le fonds de la propriété est garanti contre l'envahissement des ennemis. (27 avril 1793)

Vos dissensions sont nuisibles. Vos discussions sont misérables. Battons l'ennemi et ensuite nous disputerons. Eh ! Que m'importe, pourvu que la France soit libre, que mon nom soit flétri ! J'ai consenti à passer pour un buveur de sang ! Buvons le sang des ennemis de l'humanité, mais enfin que l'Europe soit libre ! Remplissez vos destinées, point de passions, point de querelles, suivons la vague de la Liberté ! (9 mars 1793)

 

Danton dessiné par Jacques-Louis David.

 

- Que le riche paye, puisqu'il n'est pas digne, le plus souvent, de combattre pour la liberté ; qu'il paye largement et que l'homme du peuple marche dans la Vendée. (8 mai 1793, suite à une proposition pour envoyer des troupes en Vendée)

- Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple. (13 août 1793)

- Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être. (10 mars 1793, jour de la création du Tribunal révolutionnaire)

C'est dans les écoles nationales que l'enfant doit sucer le lait républicain. La République est une et indivisible. L'instruction publique doit aussi se rapporter a ce centre d'unité. (12 décembre 1793)

- En octobre 1793, lassé des joutes de la Convention et des rivalités, Danton quitte Paris et se rend chez sa mère. Il se sait menacé et ses amis lui conseillent de fuir. Danton, qui ne veut pas suivre l'exemple des émigrés lance :

Est-ce qu'on emporte la patrie à la semelle de ses souliers ?

- Nous travaillons pour les générations futures, lançons la liberté dans les colonies ! (4 février 1794, lors du débat sur l'abolition de l'esclavage)

- Danton est arrêté le 30 mars 1794, après la décision du Comité de salut public de le mettre en accusation. Ce procès bâclé s'ouvre le 2 avril. La longue phrase qui suit est une réponse de Danton à la lecture de l'acte d'accusation, qui lui reproche notamment d'avoir conspiré avec Dumouriez) et d'avoir été corrompu :

Ma voix, qui tant de fois s'est fait entendre pour la cause du peuple, pour appuyer et défendre ses intérêts, n'aura pas de peine à repousser la calomnie. Les lâches qui me calomnient oseraient-ils m'attaquer en face ? Qu'ils se montrent, et bientôt je les couvrirai eux-mêmes de l'ignominie, de l'opprobre qui les caractérisent. (...) Ma demeure sera bientôt le néant, quant à mon nom, vous le trouverez bientôt dans le Panthéon de l'histoire. Ma tête est là, elle répond de tout. La vie m'est à charge, il me tarde d'en être délivré ! 

Le Président exige alors un peu de respect de Danton envers le tribunal et lui reproche son "audace". Danton poursuit alors :

L'audace individuelle est sans doute réprimable, et jamais elle ne pût m'être reprochée; mais l'audace nationale, dont j'ai tant de fois donné l'exemple, dont j'ai tant de fois servi la chose publique, ce genre d'audace m'est permis ; il est même nécessaire en révolution, et c'est de cette audace dont je m'honore (...) Est-ce d'un révolutionnaire comme moi, aussi fortement prononcé, qu'il faut attendre une défense froide ! Les hommes de ma trempe sont impayables, c'est sur leur front qu' est imprimé, en caractères ineffaçables, le sceau de la Liberté. 

A l'approche de la mort :

- C'est singulier, le verbe guillotiner ne peut pas se conjuguer dans tous ses temps ; on peut bien dire : Je serai guillotiné, tu seras guillotiné, mais on ne dit pas : J'ai été guillotiné.

- Nous deviendrons tous poètes, nous allons tous faire des vers...

Depuis la Conciergerie où il est enfermé, Danton s'interroge sur la suite de la Révolution après sa mort, et se moque de ses accusateurs (Couthon est infirme, et les mœurs sexuelles de Robespierre font alors débat...)

- Si encore je pouvais donner mes jambes à Couthon et mes couilles à Robespierre, tout irait très bien.

- 5 avril 1794 : depuis la charrette qui l'emmène vers la guillotine, et passant devant la maison de Robespierre, Danton hurle :

Robespierre, tu me suis ! Ta maison sera rasée ! On y sèmera du sel ! (Robespierre, en effet, suivra de peu Danton : il sera guillotiné le 28 juillet).

- S'adressant au bourreau ( l'existence de la phrase est controversée) :

N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle en vaut la peine. 

 

Exécution de Danton, gravure de Charles Barbant d'après un dessin de Frédéric Lix (19ème siècle), Getty Images, Wikipédia CC.

 

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