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Les réparties fameuses du Général Daumesnil (1776-1832), intraitable Gouverneur du Château de Vincennes

29 Mai 2021 , Rédigé par Daniel Confland Publié dans #gens connus

 

 

Des champs de bataille à la garde du Château de Vincennes

 

Pierre Yrieix Daumesnil (1776-1832), dit "La jambe de bois" s'enrôle à l'âge de 17 ans dans les armées révolutionnaires. Son éducation est loin d'être parfaite et il se révèle être une forte tête, un bagarreur dont la conduite laisse à désirer. A l'exception des batailles où sa bravoure et même son intrépidité le font remarquer et rapidement monter en grade.

Dans les chasseurs à cheval, il suit Bonaparte dans les campagnes d'Italie et d'Egypte. Il sauve la vie de son général à Arcole, puis à deux reprises lors du siège de Saint-Jean d'Acre. Déjà blessé grièvement en 1794, c'est durant l'assaut qu'il reçoit un coup de sabre et est balancé hors des remparts. Il en réchappe et prend encore du galon et des décorations.

L'origine de son surnom : La jambe de bois

Pierre Daumesnil est ensuite de toutes les campagnes et batailles napoléoniennes. En 1809, lors de la bataille de Wagram, il est d'abord blessé d'un coup de lance, ce qui ne l'empêche pas de reprendre rapidement part au combat, avant d'être une seconde fois victime d'une grave blessure à la jambe. On doit l'amputer sur place, mais il ne quitte pas l'armée pour autant.

Fait Baron de l'Empire, puis général de brigade par l'Empereur, celui-ci le nomme en 1812 Gouverneur du Château de Vincennes, siège d'une importante armurerie. Après la capitulation de mars 1814, les troupes russes, prussiennes et autrichiennes investissent Paris. Les alliés exigent la reddition des places fortes qui ceinturent la ville et la remise des arsenaux. A Vincennes, Daumesnil, à la tête de quelque 200 soldats, refuse tout net et a cette formule pleine de morgue et d'humour : "Quand vous me rendrez ma jambe, je vous rendrai ma place !"

De Gouverneur du Château à...Gouverneur du Château

Lors de la Restauration, Daumesnil n'est pas inquiété car on loue son courage. Ce n'est qu'après le départ des Bourbons, au retour de Napoléon de l'Ile d' Elbe, qu'il accepte de reprendre son poste à Vincennes. Après le traité de Vienne, les prussiens qui occupent encore Paris exigent qu'on leur remette l'arsenal considérable qui se trouve à Vincennes, au titre des compensations militaires. Refus du général têtu. Les palabres continuent. On offre de l'argent à Daumesnil pour qu'il sorte. Refus hautain. Si c'est ainsi, "nous vous ferons sauter !", menacent les parlementaires. "Alors, je commencerai  (...), et nous sauterons ensemble.", répond Daumesnil, qui montre ses tonneaux de poudre. Ce n'est que cinq mois plus tard, après s'en être remis à Louis XVIII, qui reste sensible à sa détermination, qu'il finit par rendre la place et est mis à la retraite.

Arrive la Révolution de juillet 1830. Le nouveau pouvoir rend aussitôt à Daumesnil son poste de Gouverneur de Vincennes et le nomme Lieutenant Général. Il a la garde des ministres de Charles X emprisonnés dans la forteresse. Des émeutiers qui sévissent encore veulent s'en emparer, ce que Daumesnil refuse avec son courage habituel : "Ils n'appartiennent qu'à la loi, vous ne les aurez qu'avec ma vie."

Malade du choléra, Pierre Daumesnil meurt le 17 août 1832 à Vincennes, où il est inhumé.

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Le général Daumesnil refuse de livrer Vincennes (1882), par Gaston Mélingue, mairie de Vincennes, photo Flickr, Wikipédia CC.

Parmi les sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Daumesnil

https://philatelie-pour-tous.fr/pierre-yrieix-daumesnil-general-du-premier-empire/

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Périgueux sauve de la fonte sa statue de Daumesnil

 

Périgueux est la ville de naissance de notre général. En 1873, la municipalité érige une statue à sa gloire, comme à Vincennes où un buste lui est également consacré. Mais en 1942, à la demande des allemands, le gouvernement de Vichy somme les villes de fondre les statues qu'elles possèdent pour en remettre le produit aux occupants. A Périgueux, certaines statues sont effectivement descellées et fondues mais, s'agissant de Daumesnil, les édiles, et le transporteur Parichot en charge de l'opération décident de sauver le natif de la cité du triste sort qui lui est promis. Ils recourent à un subterfuge : la statue est effectivement descendue de son socle, mais cachée. A la place, ce sont les restes d'une vieille cloche fondue à cette occasion qu'on remet aux allemands. A la Libération, la statue est sortie de sa cachette et remise en place. La jambe de bois a encore une fois eu le dernier mot !

Source :

https://lesapn.forumactif.fr/t9344-anecdote-la-statue-du-general-daumesnil

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