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Un poème de Voltaire sur son emprisonnement à la Bastille

17 Novembre 2022 , Rédigé par Daniel Confland Publié dans #gens connus

 

François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), a été emprisonné deux fois à la Bastille. La première en 1717, à la suite d'une épigramme au moins sur d'allusives amours incestueuses entre le Régent d'Orléans et sa fille la duchesse du Berry, par ailleurs tous deux fieffés débauchés. Il y restera 11 mois, et c'est après cet épisode qu'il prend le pseudonyme de Voltaire. Libéré, le jeune Voltaire remercie le Régent en ces termes où perce déjà l'humour : "Monseigneur, je trouverais très doux que Sa Majesté daignât se charger de ma nourriture, mais je supplie Votre Altesse de ne plus s’occuper de mon logement."

Le second "embastillement" se produit en 1726. Voltaire se permet d'insolents propos à l'égard du chevalier de Rohan ("Mon nom, je le commence, et vous finissez le vôtre !"), lequel se venge en le faisant bastonner par des laquais. Voltaire ne veut pas en rester là, prend des cours d'escrime en vue d'un duel...qui n'aura pas lieu car Rohan obtient une lettre de cachet contre lui. Cette fois, le séjour ne durera que deux semaines : Voltaire obtient son élargissement en acceptant l'exil en Angleterre. Il est vrai que depuis 1717, notre homme a fait du chemin en notoriété littéraire !

DC

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Où Voltaire, relate en vers son premier embastillement...

La Bastille, poème (extrait)

J’arrive enfin dans mon appartement.
Certain croquant avec douce manière
Du nouveau gîte exaltait les beautés,
Perfections, aises, commodités.
« Jamais Phébus, dit-il, dans sa carrière,
De ses rayons n’y porta la lumière:
Voyez ces murs de dix pieds d’épaisseur,
Vous y serez avec plus de fraîcheur. »
Puis me faisant admirer la clôture,
Triple la porte et triple la serrure,
Grilles, verrous, barreaux de tout côté:
« C’est, me dit-il, pour votre sûreté. »
Midi sonnant, un chaudeau l’on m’apporte;
La chère n’est délicate ni forte:
De ce beau mets je n’étais point tenté;
Mais on me dit: « C’est pour votre santé;
Mangez en paix, ici rien ne vous presse. »
Me voici donc en ce lieu de détresse,
Embastillé, logé fort à l’étroit,
Ne dormant point, buvant chaud, mangeant froid,

Voir le poème en entier : 

https://www.poetica.fr/poeme-1427/voltaire-la-bastille/#:~:text=Me%20voici%20donc%20en%20ce,tous%2C%20même%20de%20ma%20maîtresse.

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Voltaire.

 

Le "confort" de la Bastille

"La Bastille était une prison plutôt confortable pour les personnes de qualité (nobles, grands bourgeois) emprisonnés dans les cellules (au nombre de 42), elles mangeaient tous les jours « à la table du gouverneur » (non avec lui mais bénéficiant du même repas que lui). Ces cellules disposaient de grandes pièces avec repas fins et d’un domestique...de meubles et d'une cheminée avec bois de chauffage..(*) .Les prisonniers royaux sont autorisés à correspondre avec l'extérieur, recevoir des visites et jouissent d'une relative liberté de mouvement au sein de la forteresse."

(Sous réserve de payer une pension, la "pistole")

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bastille

 

Un projet de démolition de la Bastille "avant l'heure"...

Bien qu'elle hébergeât le maigre trésor royal, la forteresse de la Bastille n'avait plus la valeur d'antan. Dépréciée au plan militaire du fait des progrès de l'artillerie, n'abritant que peu de prisonniers, son entretient était un gouffre financier. Aussi, le ministre de Louis XVI Necker proposa t-il  au roi en 1784 d'envisager sa destruction pour la remplacer par une place, avec en son centre une statue du souverain. La décision fut d'abord repoussée. L'on démarra par la suite sans se presser des plans de démolition. Mais le 14 juillet 1789, l'Histoire s'empara de l'affaire...

En marge...

On n'a quand même pas pris la Bastille pour en faire un opéra ! 

Pierre Desprogess

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Reconstitution de La Bastille médiévale par Theodor Josef Hubert Hoffbauer (1839-1922), Musée Carnavalet, Wikipédia CC.

 

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