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Citations, aphorismes, maximes, sentences, pensées poétiques...

20 exemples d'OXYMORES, une figure de style qui oppose en rapprochant

Publié par Daniel Confland sur 17 Septembre 2025, 17:00pm

Catégories : #mes aphorismes

 

La plupart des exemples de cet article sont pris dans la littérature et en partie reproduits dans leur contexte pour mieux en éclairer la portée.

Les oxymores, ce sont des contraires dont les termes ne s'annulent pas et, au contraire, s'enrichissent de leur proximité. Cette figure de style, qui oppose des mots en les rapprochant, vise à produire de l'inattendu sémantique, à surprendre le lecteur, à mieux capter son attention, au delà de cette opposition même,  sur le contexte textuel ou poétique qui l'entoure. L'oxymore n'est pas une facilité de style, mais plus un exercice auquel l'auteur ne s'est pas prêté par hasard.

DC

- Oxymore, drôle de mot, drôle de son. On entend presque occis-mort, ce qui, pour le coup définit le pléonasme ou la redondance. (Michel Onfray)

°°°

 

Des oxymores connus

 

 

Un médecin, un auteur, un magistrat eussent pressenti tout un drame à l’aspect de cette sublime horreur dont le moindre mérite était de ressembler à ces fantaisies que les peintres s’amusent à dessiner au bas de leurs pierres lithographiques en causant avec leurs amis.

 

Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert.

°°°

 

 

Dom Juan
Quoi ? Tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. 

 

Molière, tirade des "conquêtes amoureuses", Dom Juan ou les Festin de pierre, extrait.

 

°°°

 

Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Charles Baudelaire, L'invitation au voyage, extrait, 

°°°

 

Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Gérard de Nerval, 1ère strophe du poème El Desdichado.
 
°°°
 
 
Si leur maître se moque, ils feront le pareil,
S'il ment, ce ne sont eux qui diront le contraire,
Plutôt auront-ils vu, afin de lui complaire,
La lune en plein midi, à minuit le soleil.

Joachim Du Bellay, Les Regrets, sonnet 150, extrait.

°°°

 

J'ai longtemps cru, étant enfant, que je n'aimais pas la mer. Cherchant à la dérive, chaque soir, la douceur d'un jardin sans barrière, où j'allais m'endormir, c'est l'image du Haut-Jura paternel qui se formait le plus souvent dans ma tête : creux de rochers moussu ou garni de saxifrages en coussinets, pente aux courbes atténuées, vallonnement à l'herbe rase, unie comme celle d'un parc semé de gentianes et de soldanelles, où de grandes vaches beiges se déplaçaient avec lenteur dans un silencieux tintement de clochettes, entre des pans de forêt immuables, plantés comme un décor. Ordonnance. Repos. Éternité tranquille. Je pouvais m'abandonner au sommeil.
 
Alain Robbe-Grillet, Le miroir qui revient, extrait.
 
°°°
 
 

Je sais bien qu'il est d'usage
D’aller en tous lieux criant
Que l’homme est d’autant plus sage
Qu’il rêve plus de néant

D’applaudir la grandeur noire,
Les héros, le fer qui luit,
Et la guerre, cette gloire
Qu’on fait avec de la nuit 
(...)
Je sais que c’est la coutume
D’adorer ces nains géants
Qui, parce qu’ils sont écume,
Se supposent océans (...)

Victor Hugo, Je sais bien, Les Contemplations.

°°°

 

 

Cela continua ainsi quelque temps.
Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l'air de s'amuser beaucoup. C'était le moineau becquetant les chasseurs. Il répondait à chaque décharge par un couplet. On le visait sans cesse, on le manquait toujours. (...) Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l'enfant feu follet. On vit Gavroche chanceler, puis il s'affaissa. Toute la barricade poussa un cri; (...) Gavroche n'était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l'air, regarda du côté d'où était venu le coup, et se mit à chanter.

Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à…

Il n'acheva point. Une seconde balle du même tireur l'arrêta court. Cette fois il s'abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s'envoler.
 
Victor Hugo, Les misérables, la mort de Gavroche.
°°°

 

TOINETTE (déguisée)
Je vois, monsieur, que vous me regardez fixement. Quel âge croyez-vous bien que j'aie?
ARGAN
Je crois que tout au plus vous pouvez avoir vingt-six ou vingt-sept ans.
TOINETTE
Ah! ah! ah! ah! ah! j'en ai quatre-vingt-dix.
ARGAN
Quatre-vingt-dix!
TOINETTE
Oui. Vous voyez en effet des secrets de mon art, de me conserver ainsi frais et vigoureux.
ARGAN
Par ma foi, voilà un beau jeune vieillard pour quatre-vingt-dix ans!

Molière, Le Malade Imaginaire.

°°°
 

Moi-même, je l'avoue avec quelque pudeur
Charmé de mon pouvoir et plein de la grandeur
Ces noms de roi des rois (Ndlr : Agamemnon) et de chef de la Grèce
Chatouillaient de mon cœur l'orgueilleuse faiblesse.

Racine, Iphigénie.

°°°

 

Cette obscure clarté qui tombe des étoiles
Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles 
L’onde s’enfle dessous, et d’un commun effort
Les Mores et la mer montent jusques au port.

Corneille, tirade de Rodrigue, Le Cid.
°°°
 
 
(Le petit Chose est en train de se pendre) Tout à coup un poignet de fer s’abat sur lui. Il se sent saisi par le milieu du corps et planté debout sur ses pieds, au bas de l’escabeau. En même temps une voix rude et narquoise, qu’il connaît bien, lui dit : "En voilà une idée, de faire du trapèze à cette heure ! "
 
Le petit Chose se retourne, stupéfait. C’est l’abbé Germane, l’abbé Germane sans sa soutane, en culotte courte, avec son rabat flottant sur son gilet. Sa belle figure laide sourit tristement, à demi éclairée par la lune… Une seule main lui a suffi pour mettre le suicidé par terre ; de l’autre main il tient encore sa carafe qu’il vient de remplir à la fontaine de la cour.
 
Alphonse Daudet, Le petit Chose.
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Nostre estre est simenté de qualitez maladives ; l’ambition, la jalousie, l’envie, la vengeance, la superstition, le desespoir, logent en nous d’une si naturelle possession que l’image s’en reconnoist aussi aux bestes ; voire et la cruauté, vice si desnaturé : car, au milieu de la compassion, nous sentons au dedans je ne sçay quelle aigre-douce poincte de volupté maligne à voir souffrir autruy ; et les enfans le sentent ;
 
Michel de Montaigne, Essais.
 
 
Et d'autres encore
 
 
Je suis plein du silence assourdissant d'aimer. 
 
Louis Aragon, Le fou d'Elsa.
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A travers la noirceur de l'ombre, qui cache la mer et les cieux / Une clarté blafarde et sombre, fait voir l'une et l'autre à nos yeux.
 
Madeleine de Scudéry, Le Cabinet.
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Elle part, elle s'évertue / Elle se hâte avec lenteur.
 
Jean de la Fontaine, Le lièvre et la tortue.
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Ô amour tumultueux ! Ô haine aimante !
 
Shakespeare, Roméo et Juliette.
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La réalité virtuelle est une véritable nouvelle plateforme de communication. En vous sentant véritablement présent, vous pouvez partager des espaces et des expériences illimités avec vos proches. Imaginez partager non seulement des moments avec vos amis en ligne, mais des expériences et des aventures complètes. 
 
Marc Zuckenberg      
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Dans le clair-obscur, à l'heure ou l'aube s'enfuit / Je m'emploie à percer à jour l'ombre qui me nuit.

Quels que soient ses excès, le mort-vivant ne meurt jamais, alors que le bon vivant, si !

Daniel Confland,, Mes 350 aphorismes, apophtegmes, maximes, sentences et autres considérations.

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    A voir aussi sur Citons-precis.com :

https://www.citons-precis.com/2019/12/figures-de-style.html

 

 

 

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