Daniel Confland
Fraîchement galonné, un Préfet bien stylé
Dans l'Hôtel du Chef-lieu prit ses nouveaux quartiers.
Diligent à souhait car forcement novice
Il noya ses agents sous les notes de service.
Mais la bonne volonté, en rien, ne vaut plus guère
Et sous son magistère tout partit de travers.
Reflet d’une nature qu’on a poussée à bout
Se trouvant agressée elle rendait coup pour coup.
Ce furent crues centenaires, puis sans désemparer
Deux étés asséchés, des récoltes ruinées.
Maudire les éléments insupporta les gens
On accusa l'Etat et son représentant
De grave impéritie. Paysans, citadins
Se prirent de colère, la révolte survint.
On fit venir la troupe mais les échauffourées
Firent des deux côtés, blessés et éclopés.
Une Zad s'installa sur des terres inondables
Dont on dut déloger tous les incontrôlables.
On blâma le Préfet d'avoir surréagi
Ou d'avoir laissé faire tout ce charivari.
En Haut Lieu, courageux, on prit de la hauteur
En débarquant d'un trait ce Préfet de malheur.
Car de tout temps, bien sûr, quand le message alarme
C'est au seul messager qu'on impute le vacarme.
°°°
La soi-disant lettre de Napoléon au Préfet du Var
"Au Préfet du département du Var,
Monsieur le Préfet,
J’apprends que divers incendies ont éclaté dans les forêts du département dont je vous ai confié l’administration. Je vous ordonne de faire fusiller sur le lieu de leur forfait les individus convaincus de les avoir allumés. Au surplus, s’ils se renouvelaient, je veillerai à vous trouver un remplaçant.
Fait à Schoenbrunn, le 21 août 1809; Napoléon Empereur."
Il est désormais avéré, depuis des travaux historiques récents, que cette lettre de Napoléon est un faux. Les deux versions (ci-dessous) qui circulent ont été faites bien après la mort de l'empereur. Parmi d'autres indices, les historiens ont relevé l'écriture quasi enfantine et le fait que Napoléon n'écrivait jamais directement à ses fonctionnaires territoriaux : il passait par son ministre de l'intérieur.
/image%2F1330483%2F20260325%2Fob_5b0622_napo1.jpg)