Définition d' "A la bonne franquette" : de manière spontanée, conviviale, sans cérémonie, sans "chichi", sans détour.
Dans les salons de la bonne société du XVIIème siècle, on est mondain, on porte beau et parle bien, avec un zeste d'afféterie et de préciosité bienvenues. Molière s'est moqué ainsi des travers et des boursouflures des Précieuses ridicules et de leurs émules contemporains. Dans cette société, on est loin par les manières, la langue et les joutes de l'esprit du petit peuple, lequel vit simplement, sans "chichi", et qui parle et agit "franchement".
De cette opposition découle deux expressions également opposées : le vivre "à la française" des mieux lotis et le vivre "à la franquette". Cette dernière locution vient probablement du parler normand-picard à partir du mot "franc", et qui signifie "franchement, "tout bonnement". Avec le temps, la formule, agrémentée de l'adjectif "bonne" prendra son sens définitif : une "façon d'agir simple, sans cérémonie". (*)
"En 1741, dans l’opéra comique “La Chercheuse d’esprit”, Charles-Simon Favart fit dire à un personnage: “Tout à la bonne franquette se partagera.” L’expression fit d’ailleurs florès sur scène puisqu’en 1871 une opérette intitulée « A la bonne franquette» était créée au Théâtre des Nouveautés. Si elle est encore synonyme de franc-parler, dorénavant, c’est clairement la simplicité que l’on oppose à l’apprêt, aux bonne manières hérités du XVIIe siècle. (...) L’expression glisse ensuite dans le domaine de la table, où elle devient l’opposé de mettre les petits plats dans les grands. La publication, en 1883, du « Cuisinier à la bonne franquette », de Mique Grandchamp, y contribue grandement. Dans cette ouvrage, l’auteur, maître d’hôtel de profession, “s’est efforcé de réunir dans ce traité de cuisine bourgeoise et d’office, les recettes pratiques et économiques, de les simplifier, en ayant soin d’écarter les préparations longues et coûteuses qui n’ont utilité réelle”. (**)
Parmi les sources :
(**) "À la bonne franquette : Le Dico gourmand des expressions savoureuses.", Jean-Damien Lesay, Editions La Martinière, éléments rapportés par le site : https://www.labonnefranquette.com/blog/a-la-bonne-franquette-une-expression-savoureuse/
Deux citations :
- En parlant de Clémenceau : "Enfin, il plaisait par un manque d’affectation, une bonne franquette, qui le mettaient tout de suite de plain-pied avec les jeunes gens." (Léon Daudet)
- Ce soir, on t'invite chez nous à la bonne franquette : rien contre le smoking, mais débraillé. (Anonyme)
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